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Far breton

Le far breton, ou farz forn en breton, s’apparente à un clafoutis. Composé de lait, d’œufs et de farine, il est cuit au four. La recette traditionnelle ne comporte pas de pruneaux. Au fil des ans, cependant, il a adopté cette fantaisie et s'inscrit dans les recettes de desserts bretons !





Aurore, aux premières lueurs du printemps, se sentait toujours revivre. Elle était poussée par une force invisible qui, imperceptiblement, l'amenait à revenir à elle, à son corps et à ses sensations les plus profondes. Sa peau pouvait être plus sensible, ressentant chaque rayon de soleil différemment de ceux de l'année passée. Elle respirait le parfum singulier qui s'émanait de son épiderme, délicieux mélange de fleur d'oranger, de cèdre, de lait et d'embruns méditerranéens, portés par le vent du sud.

Elle portait son attention sur chaque signe subreptice : une fragile pousse de myosotis, le chant d'un oiseau, le bourdonnement sourd d'une abeille, l'odeur du linge séchant sur une corde raide, les ombres chinoises des arbres qui s'invitaient jusque dans son salon, se balançant sur les lattes de parquet comme de diaphanes danseuses.

Se réveiller, étirer son corps, sortir du lit et poser le pieds sur les dalles fraîches de la chambre l'enjouait. Après s'être vêtue d'une maille légère, elle descendait en catimini boire un premier café dans une cuisine silencieuse. Elle aimait se rapprocher de la baie et observer les volutes de son souffle chaud au contact de la vitre froide. Elle devinait des formes, des signes et des mirages. Son esprit vaquait à de fantasques aventures. C'était dans ces moments que les idées lui venaient, qu'elle était saisie d'une énergie nouvelle, qu'elle avait le sentiment de pouvoir s'emparer de la barre du navire et voguer vers d'inédits horizons.

Lorsqu'elle était enfant, il était une île qui lui communiquait cette même dynamique lorsqu'elle s'y rendait. L'air qu'elle respirait là-bas était envoûtant, c'était son bout du monde et le commencement à tout. Elle se rappelle son port aux maisons blanchies à la chaux, aux volets bigarrés, ses eaux cristallines, l'odeur du pain chaud près des barques de pêcheurs, le brouhahas ambiant des cafés où les petits vieux se retrouvaient. Leur peau était brunie par la réverbération du soleil sur les vagues sur lesquelles glissait leur barque. Ils souriaient tant que leurs rides exprimaient à elles seules le bonheur. Dans les chemins caillouteux, menant aux plages, l'immortelle d'Italie, aux fleurs or, parfumait l'épopée à deux roues. Les aiguilles de pins piquaient la plante des pieds mais sans cela le souvenir n'aurait jamais été le même, le plaisir aussi. C'était ici qu'Aurore aimait à se réfugier, seule, près des vagues ourlant la plage, enveloppée dans le pull de son grand-père, quand la nuit venait à tomber. Elle avait sur la langue, souvenir du repas de midi, le goût de la tarte aux pruneaux, les grains de sucre fondant sur ses papilles. La pâte feuilletée, dorée à l’œuf, avait bon goût de beurre...

C'était à son bout du monde qu'Aurore aimait penser quand elle se réveillait et quand elle semblait fixer un point à l'horizon, derrière la baie. Ses voyages imaginaires l'emplissaient d'envies furieuses, d'être la houle qui caresserait de nouvelles pages de vie.


Ingrédients pour 8 personnes


200 g de farine

120 g de sucre

2 sachets de sucre vanillé

6 oeufs

50 cl de lait

150 g de pruneaux séchés dénoyautés


Préparation


1. Faites préchauffer le four à 180°C. Beurrer un moule en céramique.

2. Dans un saladier, tamisez la farine, le sucre et le sucre vanillé, formez un puits au centre.

3. Battez les œufs.

4. Versez les œufs battus au centre du puits puis incorporez progressivement, à l'aide d'un fouet, la farine et les sucres tamisés. Battez énergiquement une fois la farine incorporée car il ne doit se former aucun grumeau.

5. Incorporez progressivement le lait.

6. Incorporez, à cette étape, 2 cuillères à soupe de rhum brun si souhaité.

7. Versez la moitié de cette préparation dans le plat, disposez les pruneaux, puis versez le reste de la pâte. Faites cuire 45 minutes. A la sortie du four, laissez tiédir le far breton. Il se déguste aussi bien tiède que froid !


Idée : vous pouvez remplacer les pruneaux par des morceaux de pommes préalablement cuits dans un peu de beurre noisette !


Pour me dire des mots bleus...

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