QUATRE JOURS A PORTO

Me voici fraîchement revenue de Porto, deuxième plus grande agglomération du Portugal après Lisbonne. Connue pour sa production du vin de Porto, cette ville regorge également de nombreux lieux culturels et présente une variété incroyable de paysages, notamment pour son rapport au Douro mais aussi car elle abrite de nombreux parcs et jardins offrant des vues spectaculaires sur ses horizons proches et lointains. C’est sans nul doute depuis Vila Nova de Gaia, ville située sur la rive gauche du Douro et lieu où sont établies les caves de porto, que les panoramas sur Porto sont les plus extraordinaires : lors du coucher de soleil, ce dernier rasant l’architecture authentique du quartier Ribeira, il offre de découvrir des couleurs chamarrées et denses incroyables.

Quatre jours à Porto m’ont semblé passer à grande vitesse. En effet, ils auront suffi à prendre le pouls de cette ville, faire connaissance avec son patrimoine et ses traditions, cependant, une semaine offrirait certainement de plonger plus encore dans son histoire et folklore.

AU PRÉALABLE

Je n’avais pas établi de programme en particulier, me tenir à un plan me semble toujours un peu compliqué dans la mesure où ma curiosité m’encourage à sortir des sentiers battus et pousser des portes entrouvertes…

J’ai mené quelques recherches préalables sur les lieux et établissements incontournables et insolites via de nombreux sites web et Instagram, et je me suis équipée d’un guide que j’apprécie pour son contenu transverse : « Porto en quelques jours » Lonely Planet. Ce dernier m’a permis de me familiariser avec les quartiers qui composent Porto et de savoir quelle était leur tendance (historique, commerciale, résidentielle, paysagée…). Par ailleurs, il est complété d’une carte détachable permettant de rapidement se repérer sur place.

Pour les lieux où se restaurer, j’ai lu un certain nombre d’articles de blogs et sites tant en anglais qu’en français puis j’ai fait une recherche via le hashtag « #portorestaurant » sur Instagram.

Je n’étais pas dans un dynamique de manger la nourriture traditionnelle locale mais bien de découvrir des lieux alternatifs. Au demeurant, j’avais noté un ou deux plats typiques de Porto que mes pérégrinations m’amèneraient peut-être à découvrir, à savoir, la francesinha (se traduisant par « la petite française », interprétation gourmande du croque-monsieur) et l’ameijaos à bulhao pato (des palourdes revenues dans de l’ail, du vin blanc et agrémentées de coriandre).

DÉROULÉ DU SÉJOUR

SAMEDI 05|10|019

Je suis arrivée samedi 5 octobre vers 10h30 heure locale (à noter : il y a une heure de décalage entre Porto et la France) après m’être envolée depuis Toulouse.

Depuis l’aéroport, je me suis rendue en taxi à l’hôtel Premium Downtown, idéalement situé dans le quartier de Bonfim, à quelques pas de la très commerçante rua Santa Catarina et permettant de rejoindre rapidement le quartier historique de la Ribeira.

Une fois les formalités accomplies je me suis dirigée vers la rua Fonte Taurina où je me suis attablée au Postigo do Carvao. L’assiette présente une cuisine traditionnelle et j’y ai dégusté un poulpe rôti à se damner. Le service y était impeccable.

 

Bon à savoir : le pain, les olives, les tapenades mis sur table ne sont pas offerts. Vous n’avez aucune obligation de les manger mais si tel est le cas alors ils vous seront facturés.

 

L’après-midi s’est avérée relativement calme. J’ai davantage pris le rythme de Porto, j’ai déambulé dans ses ruelles étroites et sinueuses. Je me suis extasiée devant son architecture.

 

J’ai tout de même découvert quelques lieux incroyables et notamment :

 

Centre Portugais de la Photographie (quartier Miragaia)

Installé dans une bâtisse de la fin du XVIIIème, ce centre a d’abord été une Cour d’Appel puis une prison (jusqu’en 1974). Les anciennes cellules de la prison ont été conservées et l’on apprend que c’est ici que l’écrivain Camilo Castelo Branco fut détenu pour adultère une année durant.

Un chantier d’envergure mené par les architectes Humberto Vieira et Eduardo Souto de Moura ont permis de transformer ce lieu en un espace dédié aux expositions photographiques temporaires et souvent aux thématiques audacieuses et provocatrices. Au dernier étage on découvre la collection permanente d’appareils photos anciens et l’histoire de la pratique.

Bon à savoir : l’entrée est gratuite !

Mes pérégrinations m’ont ensuite amenée jusque dans le quartier d’Aliados que je qualifierais d’hybride tant histoire, art et trendy s’y côtoient.

C’est ici que j’ai découvert de nombreuses boutiques vintages, des espaces de coworking insolites et des concepts stores qui donneraient envie de tout acheter !

 

Quelques adresses :

 

Coraçao Alecrim

Boutique proposant de l’artisanat local (céramique, bonnets, couvertures…) mais aussi une sélection de vêtements vintages et des souliers de belle facture.

 

Galerias Lumiere

Espace de coworking, pâtisserie, dépôt-vente, boutique de créateurs et multimarques…tout y est !

C’est ici que j’ai trouvé de merveilleux escarpins Nine West pour la modique somme de 5€.

 

Mercado 48

Concept store où sérigraphies, vélos en bois, meubles, objets de décoration et vêtements raviront les amateurs de jolies choses.

DIMANCHE 06|10|019

Je n’ai pas souhaité prendre mes petits-déjeuners à l’hôtel mais plutôt explorer le quartier alentour.

C’est ainsi que j’ai découvert le merveilleux coffee shop Birds of Passage ! Si vous êtes à la recherche d’un café de qualité et d’une assiette composée de produits frais alors le bonheur est ici.

Je me suis régalée d’eggs benedict et d’un banana bread qui avait pour singularité de me rappeler le goût de la teurgoule de ma grand-mère (certainement la cannelle me direz vous…). Ils sont forts tout de même ces garçons ! Car oui ce sont d’agréables baristas qui vous servent avec le sourire ici, que demander de plus ?

En passant par la gare de Sao Bento, je me suis ensuite dirigée à pieds vers le quartier de Boavista (comptez, depuis la gare Sao Bento, 3km) et pour découvrir la Casa da Mùsica, cœur de la scène culturelle de Porto et résidence de son orchestre national.

 

« Porto est toujours très active et occupe aujourd’hui une place importante sur la scène internationale au regard des productions architecturales contemporaines. Cela a le mérite d’être souligné, Porto, ville d’histoire, a donné naissance à deux lauréats du prix Pritzker : Álvaro Siza Vieira en 1992 et Eduardo Souto de Moura plus récemment en 2011. L’architecture de Siza et de Souto de Moura, maître et disciple, a donné lieu à la célèbre « école de Porto », reconnue dans le monde de l’architecture. »

Source Voir en Vrai

 

Saal Bouça

C’est alors que j’ai découvert en chemin l’incroyable résidence de logements sociaux Saal Bouça, fruit du travail d’Alvaro Siza Veira, enfant de Porto.

Son processus de création fait appel à une participation notable des futurs usagers et le bâtiment, dans son ensemble, s’inscrit avec grâce dans le tissu urbain qui l’accueille. Cette opération vise, lors de sa réalisation à restructurer un site chaotique et à répondre aux normes des logements sociaux (coût raisonnable, économie des matériaux). La composition du projet est ordonnancée, chaque accès au logement est privatif, les coursives supérieures distribuent les entrées aux logements en R+1. Les espaces extérieurs sont pensés pour être partagés et vecteurs d’une vie de quartier. Les volumes sont simples et épurés.  

Casa da Mùsica

Je continue ma balade et j’atteins la Casa da Mùsica dont Rem Koolhaas (OMA) est l’architecte. Un projet concrétisé dans les années 2000 avec la nomination de Porto en tant que Capitale Européenne de la Culture. Le bâtiment est une gemme taillée dans le béton et offrant des perspectives toutes plus surprenantes les unes que les autres. La dalle de travertin rose doré est un formidable terrain de jeu pour les amateurs de skate.

Bon à savoir : toutes les places de concert sont au même prix car la qualité de l’acoustique fait qu’il n’y a pas de mauvaise place.

Mercado Bom Sucesso

A quelques pas de la Casa da Mùsica le gourmet qui sommeille en vous sera ravi de découvrir le Mercado Bom Sucesso. Plusieurs cuisines se tutoient ici : japonaise, portugaise, italienne… Vous pourrez vous délecter de sushis, de pasta, de pasteis, de glace, de cochon de lait cuit à la broche, de pâtisseries et j’en passe !

 

Livraria Lello

L’après-midi, je me suis rendue jusqu’à la célèbre Livraria Lello, extravagante librairie qui date de 1906 et dont l’escalier principal aurait inspiré J.K Rowling dans la rédaction du premier tome de la saga Harry Potter, et notamment pour le décor des circulations de l’école Poudlard.

Victime de son succès, il est courant qu’il faille faire une queue interminable pour y accéder. Par ailleurs, le monde permutant dans ce lieu lui donne des airs de foire où la découverte des ouvrages et des collections est impossible tant le lieu est bruyant et chaotique.

J’aurais tendance à conseille de s’y rendre à l’ouverture le matin ou à quelques minutes de sa fermeture le soir.

Bon à savoir : l’entrée est payante (5€), cependant si vous faites l’acquisition d’un livre ce montant sera déduit de celui du livre.

 

Le soir, j’ai dîné dans un restaurant de tapas portugais : Encaxiados. Service chaleureux et assiettes maîtrisée. Il faut réserver car cet endroit est fortement fréquenté.

LUNDI 07|10|019

Ce jour ci je me suis accordée une matinée shopping et c’est dans la célèbre rue Santa Catarina que j’ai déambulé en premier lieu. Rien d’exceptionnel ici mais plutôt les enseignes classiques. Cependant, en cherchant bien, j’ai découvert, au sein de la galerie Via Catarina, une boutique de pierres. Moi qui suis adepte de lithothérapie (le soin par les pierres), je me suis offert chez Stone by Stone deux petites bagues en argent, montées d’un lapis lazuli et d’une turquoise.

 

Ensuite j’ai crapahuté jusqu’au quartier Ceidofeita où je me suis arrêtée dans le concept store PATCH.

Cet endroit est une véritable caverne d’Ali Baba : vaisselles, vêtements vintages, mobilier, plantes, tout revête un charme fou et la propriétaire vous accueille avec un sourire incroyable.

 

Vila Nova de Gaia

Pour déjeuner je me suis dirigée vers Vila Nova de Gaia c’est ainsi que j’ai découvert de merveilleux panoramas sur la ville de Porto, son Ponte Dom-Luis I, mais aussi la pluralité des caves de Porto. Je n’ai pas fait de dégustation, n’étant pas fervente de cette boisson, cependant j’aurais tendance à dégager deux caves sur la multitude : Graham’s (chai fondé par les britanniques en 1820) et Croft (maison fondée en 1588) perché sur les hauteurs, la cave abrite une salle de dégustation rustique.

 

L’atmosphère de cette ville se veut plus douce, plus calme et plus authentique que Porto où le tourisme de masse peut parfois s’avérer éreintant. Cette rive offre le repos, les embruns, l’échappée belle !

 

J’ai déjeuné au 7G Roaster, situé derrière le quai et proposant un brunch copieux et des salades d’une fraîcheur incomparable.

L’après-midi, après une courte promenade sur les rives du Douro, je me suis dirigée vers Claus Porto.

 

Claus Porto

Claus Porto offre un des produits les plus luxueux et historiques de la ville de Porto : le savon. Il paraîtrait qu’Oprah Winfrey ne jurerait que par les produits de la maison et que Michelle Obama en serait également fervente !

Avec une texture merveilleuse et d’irrésistibles parfums français, conçus exclusivement pour Ach. Brito, les savons 100% végétaux Claus Porto sont partiellement fabriqués à la main et broyés sept fois, avant d’être soigneusement emballés à la main avec un cachet de cire.

La maison a été créée en 1887 par Ferdinand Claus et Georges Ph. Schweder, deux Allemands vivant à Porto. La première Guerre Mondiale a forcé les deux fondateurs à quitter Porto et à fermer l’usine en 1914. Cette dernière fut alors reprise par l’ancien directeur, Achille de Brito, en 1918 Ach. Brito & Cª Lda est née.

L’usine, en 1950, a intégré son propre atelier de lithographie et pour la création des packagings tous plus élégants les uns que les autres. Aujourd’hui encore, des modèles créés à cette époque sont encore déployés.

Vous pourrez bien entendu faire l’achat de produit mais également découvrir l’histoire de la maison qui propose une exposition à l’étage.

 

En fin de journée, je me suis dirigée vers l’hôtel puis j’ai dîné dans l’excellent restaurant italien Puro 4050, cadre intimiste et joliment décoré. On y trouve un bar à mozzarella mais je me suis surtout régalée de spaghetti di nero et de breasaola.

MARDI 08|10|019

Il me restait une étape dans mon voyage : découvrir la Casa de Serralves, cette maison art déco du milieu du XXème siècle.

Casa de Serralves

C’est un véritable voyage dans le temps qu’il m’a été donné de faire ici. Je suis partie depuis la Praça da Republica (prendre le bus 502 et s’arrêter à Serralves) et je suis arrivée dans un espace à couper le souffle.

Installée dans u parc de 18 ha la Casa de Serralves a été conçue par l’architecte José Marques da Silva sur ordre du Comte de Vizela, Carlos Alberto Cabral. Acquise en 1986 par l’état Portugais, elle abrite désormais une fondation d’art contemporain.

Les jardins, bassins et fontaine qui agrémentent ses abords, sont l’œuvre de l’architecte urbaniste Jacques Gréber. Ce jardin est structuré autour de deux axes majeurs : un axe nord-sud de 500 mètres vers le fleuve Douro, caractérisé par une enfilade de bassins de différents niveaux entourés de pelouse, et un axe qui relie la villa à l’Avenue Marechal Gomes da Costa bordé de copalmes d’Amérique.

Outre la villa, siège de la fondation, le Parc Serralves abrite depuis 1999 le musée d’art moderne de Porto. Conçu par l’architecte portugais Álvaro Siza, ce musée a été aménagé dans le but d’aider Porto à obtenir le titre de capitale européenne de la culture, finalement décerné à la ville en 2001.

 

J’ai eu la chance d’être seule ou presque lors de cette visite, une horde de touriste arrivant à ma sortie du site. J’ai eu l’impression d’être plongée dans un roman de F.S Fitzgerald, quand de fastueuses fêtes avaient pu être organisées ici, j’ai également, par la géométrie du lieu, eu l’impression d’être plongée dans le conte de Carroll Lewis, Alice au Pays des Merveilles.

Vous découvrirez un salon de thé, face au terrain de tennis, c’est incroyable : le temps s’y est arrêté.

Je regrette simplement de n’avoir pu visiter l’intérieur de la maison qui semblait tout aussi impressionnant que l’extérieur.

 

Au retour, je me suis arrêtée au Café Vitoria où je me suis régalée d’un fish & chips et délectée d’une sangria blanche.

 

L’après-midi était alors bien avancée, je suis rentrée à l’hôtel pour me reposer un peu et préparer mon sac pour le retour.

Le soir j’ai dîné dans un restaurant du quartier Ribeira où, enfin, j’ai pu goûter à la traditionnelle francesinha Au régime ? Abstenez-vous, ce plat est copieux et riche.

Mardi matin 9 octobre je quittais Porto la tête pleine de souvenirs. Je ne saurais dire où ma préférence va, à Porto ? à Lisbonne ? Les ambiances sont bien différentes. Lisbonne vit un véritable boum culturel et industriel quand Porto se veut encore ancrée dans la tradition. On sent cependant que la ville tend vers une évolution de ses modes de vie et qu’elle saurait accueillir de plus en plus d’amoureux du Portugal. Le coût de la vie reste très raisonnable et nombreux sont les sites historiques accessibles gratuitement. Les jardins qui habillent les courbes de Porto, offrent de belles respirations et sont souvent des belvédères offrant une vue imprenable sur les quartiers en contrebas et les couchers de soleil venant lécher les rives du Douro. Les fameux azulejos sont moins présents ou peut-être moins mis en valeur qu’à Lisbonne mais le caractère maritime de Porto lui octroie énormément de charme et de douceur de vivre. Si le tourisme y est très présent (peut-être parfois de trop) et empêche de faire connaissance avec ses traditions et habitants, Porto se découvre la nuit, où la vie bat son plein.

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